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Louise d’Auzay
Le 30 mai 1869 Louise d’Auzay naît à Chaumont, commune de Thurageau,
dans la Vienne, dans la maison familiale du grand-père, Martin de Veillechèze
de la Mardière.
C’est la première naissance du foyer, mais elle est très fragile ; sa mère et une
nourrice ne peuvent la nourrir : il faudra l’aide d’une chèvre. Pour la fortifi er, elle
ira à Royan où des soins lui sont prodigués ; ses parents demandent secours à
la vierge, en échange de quoi, Louise sera vouée au blanc jusqu’à l’âge de 7
ans.


Madame d’Auzay, sa mère, la fait travailler et Louise progresse rapidement. Elle
se passionne aussi pour l’Histoire Sainte et l'astrologie.

En 1879, toute la famille - elle est l’aînée de 6 enfants - quitte Chaumont pour
une grande maison à Poitiers, avec un vaste jardin dominant le Clain. Elle rejoint
le pensionnat de Mlles d’Aubigny bientôt remplacées par Mlle Lavaïsse.
A sa sortie des études, en 1888, elle est couverte de prix.
Elle rejoint donc Mlle Lavaïsse le temps de quelques mois avant de fonder son
propre cours privé, rue Sainte-Opportune. La réputation de l’institut et de sa
directrice est telle que l’établissement se révèle très vite trop petit. Un généreux
parrain permet l’acquisition de l’hôtel de Traversay, rue Berton.



En 1897, Mlle Lavaïsse la rappelle pour sa succession à la tête du « Pensionnat
rose » ; situé à l’ombre de l’église Saint-Hilaire il deviendra le Doyenné Saint-
Hilaire.
A la fois directrice et professeur de littérature, d’histoire de sciences et de dessin,
les succès grandissants aux examens prouvent la valeur de son enseignement.
Ses soeurs la secondent dans les autres tâches du pensionnat.
Mlle Marthe s’occupe de l’économat, Mlle Henriette des petites classes et
sa passion pour la musique lui permet d’enseigner le piano ; Mlle Antoinette
apprend à lire aux débutantes tout en dirigeant le groupe des Enfants de Marie
et les relations avec les anciennes.
Louise d’Auzay est de son époque en 1890 comme en 1930. Elle est aussi
présente et fi dèle à sa famille à chaque fois que les durs événements de la vie
se font sentir. En 1912, le décès de son père survient ; la propriété de Chaumont
est mise en vente et sa mère s'installe rue de la Cesve, dans une villa annexe de
la pension.
Puis survient la guerre ; 150 blessés seront hébergés pendant huit jours. Le
pensionnat devient une annexe de l’hôpital voisin : les grandes salles d’études
sont pour les soldats, le grand dortoir devient salle d’études, des élèves venues
de l’Est rejoignent les plus anciennes.
Louise fait face à tout : organise, console, enseigne, s’occupe des élèves et de
la famille.

En 1925, elle souhaite prendre un peu de recul et prendre plus de temps pour
sa mère, ses frères et soeurs encore en vie. Les Soeurs de Sainte-Clotilde, en la
personne de Mlle Bourgarel croisent sa route. Après trois années passées en
collaboration, Mlle Louise s’efface.
En 1927, une évocation du passé réunit les trois
directrices : Mesdemoiselles d’Aubigny, Lavaïsse
et d’Auzay. Les uniformes des trois époques
sont portés par des jeunes élèves et retracent
l’évolution au cours de toutes ces années.
En 1932, Louise d’Auzay profi te de cette semiliberté
pour voyager sur le chemin des maisons
de Sainte-Clotilde.











Elle est toujours présente pour le centenaire
du pensionnat le 7 juin 1938 où elle reçoit la
médaille d’argent du Mérite diocésain (elle
en est la première titulaire), ainsi que le titre
d’Offi cier d’Académie par les autorités civiles.
Elle subira encore le décès de sa mère en
1939, puis la
maladie de
sa soeur Marthe, dont elle sera l’infi rmière
toujours dévouée. En 1947, Marthe n’est plus.
Parmi le lot des peines, quelques joies
cependant : celle de voir une de ses anciennes
élèves revenir comme religieuse au Doyenné
puis comme supérieure : Mère Marie Saint-
Jean Vianney.
Elle perdra encore son frère, infi rme, puis sa
soeur Henriette ; c'est ensuite Antoinette qui
donne des signes d’inquiétude. Louise est alors
trop faible et ne s’en remet pas. Elle part à son
tour le 10 juin 1967, à l’âge de 98 ans.