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Article Revue Hier et Demain N°132 Février 2012 : "Faut-il tuer ST JO ...?

"Faut-il tuer St Jo - Les Feuillants pour que naisse Isaac ?"
Mgr Pascal Wintzer nous a invités à mobiliser nos forces pour le nouveau collège et lycée Isaac de l'Etoile, Il nous a assuré qu'il n'était pas en capacité d'apprécier le litige juridique actuel, ignorant tout ce qui s'était passé, Il nous a témoigné de son estime à notre égard, en nous adressant quelques heures avant qu'il ne le prononce, le texte de son allocution que nous vous partageons,
Il avait été missionné pour participer à cette dernière journée à St Jo, le Dimanche 13 Juin 2010, Son propos semble montrer un certain désengagement par rapport à l'événement, ou du moins un certain recul.
Voici le discours de Mgr Pascal WINTZER, alors évêque auxiliaire de Poitiers prononcé, lors des festivités organisées par Monsieur MISERY, Directeur de l'établissement scolaire Isaac de
L'Etoile, à l'occasion du déménagement du Lycée des Feuillants sur le site du Porteau :
« Pourquoi sommes-nous venus ici, aujourd'hui ?
Pour un enterrement? Pourquoi, alors tant de joie? Pour une naissance peut-être ? Mais alors, faut-il que quelque chose meure pour que naisse du nouveau ?
Faut-il tuer Saint Joseph pour faire surgir Isaac?
A-t-il fallu tuer les jésuites pour que les prêtres diocésains investissent le collège ?
Lhistoire peut être lue ainsi : sous le modèle de la « rupture »,
Il est vrai que ceci marque beaucoup l'histoire de France: ainsi la Révolution française, qui aurait fait passer de l'obscurantisme à la lumière. Moyennant un peu de sang quand même.
Lhistolre chrétienne est comprise parfois de cette manière, ici ce n'est pas la Révolution qui marque la rupture entre l'erreur et la vérité, mais le Concile Vatican II.
Alors faut-il tuer les Feuillants pour que naisse Isaac ?
Si le présent n'existe que par la mise à mort du passé, ou par son dénigrement, ce qui revient au même, le présent se fragilise lui-même.
Il n'y a pas de raison qu'il ne soit tué à son tour par un nouveau présent, réputé plus radieux. Le projet que nous voulons construire ne sera solide qu'à la mesure où il n'oublie pas ce qui le fonde.
Pourtant, c'est vrai qu'il y a une mort.
Les murs que vous vous apprêtez à quitter ne sont pas que des pierres.
Ils sont une histoire d'hommes et de femmes- ils sont un chemin d'éducation, ils sont des expériences pédagogiques.
Dans les enterrements, il ne faut pas trop vite chanter « Alleluia », l'interdiction du chagrin et des regrets empêche ce que l'on appelle le « travail de deuil ».

"Cependant, tout de même, sommes-nous au service des murs?
Les murs sent plutôt au service des hommes, ici au service
de l'éducation.
Vous quittez des murs pour d'autres murs. Alors, n'emportez-vous rien ?
S'il en est ainsi, vous ne tiendrez pas.
Mais, vous le savez, c'est le projet d'un établissement scolaire qui assure son rayonnement.
Recevez ce que vous disent ces murs; retenez et emportez les leçons qu'ils vous adressent. Non pas d'abord en emportant telle relique, même précieuse, mais conservez et développez pour aujourd'hui la liberté pédagogique, la capacité d'initiative, dont dispose un établissement catholique d'enseignement.
S'il est en effet associé au service public par contrat, il a vocation à exprimer son caractère propre, les jésuites en sont témoins.
En 1964, à Rouen, André Malraux terminait un discours sur Jeanne d'Arc par les mots suivants : « 0 Jeanne, sans sépulcre et sans portrait, tu savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants ».
Les murs que vous quittez ne seront pas un tombeau, ils seront au service de la justice, »

Cependant, tout de même, sommes-nous au service des murs?
Les murs sent plutôt au service des hommes, ici au service
de l'éducation.
Vous quittez des murs pour d'autres murs. Alors, n'emportez-vous rien ?
S'il en est ainsi, vous ne tiendrez pas.
Mais, vous le savez, c'est le projet d'un établissement scolaire qui assure son rayonnement.
Recevez ce que vous disent ces murs; retenez et emportez les leçons qu'ils vous adressent. Non pas d'abord en emportant telle relique, même précieuse, mais conservez et développez pour aujourd'hui la liberté pédagogique, la capacité d'initiative, dont dispose un établissement catholique d'enseignement.
S'il est en effet associé au service public par contrat, il a vocation à exprimer son caractère propre, les jésuites en sont témoins.
En 1964, à Rouen, André Malraux terminait un discours sur Jeanne d'Arc par les mots suivants : « 0 Jeanne, sans sépulcre et sans portrait, tu savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants ».
Les murs que vous quittez ne seront pas un tombeau, ils seront au service de la justice, »