Err

EURL E-CHOPPES
Georges DURET - Le professeur -
Une question préliminaire peut se poser : comment appeler cette personnalité si exceptionnelle ? Bien qu’il fut nommé en 1931 par Mgr de DURFORT, alors Évêque de Poitiers, Chanoine Honoraire, c’est une distinction dont il se passait volontiers en raison de sa très grande humilité. Pour les élèves, c’était tout simplement : « le Père DURET », sans y attacher le moindre nuance goguenarde, ou encore ce surnom : « lerat », sans trop savoir pourquoi. Mais il est certain que le vocable qu’il préférait était : « l’abbé DURET » ou « Monsieur DURET », comme ses confères l’appelaient généralement. Mais ce qu’il publiait, il le signait « Georges DURET ». On emploiera indistinctement ici « Monsieur DURET » et « le Chanoine Georges DURET ».

Une vie simple :
Georges DURET n’était pas d’origine poitevine, mais vendéenne. Il était né le 12 novembre 1887 au hameau de Pontereau, commune de La Bruffière, dans cette partie Est de la Vendée qui confronte le Choletais.
Ayant eu dès son enfance le vocation de devenir prêtre, il commença son séminaire en Vendée ; mais en raison de son attirance pour « Le Sillon » de Marc SANGNIER, son évêque décida de l’orienter vers le diocèse de Poitiers, plutôt que de le garder pour le sien.
Ayant donc préparé à Poitiers son Baccalauréat, il y fut reçu,et sa dissertation fut tellement appréciée qu’elle fut publiée dans le Bulletin de l’Université, ce qui était alors un fait exceptionnel.

Faisant preuve déjà d’un esprit supérieur, il fut envoyé à Angers pour préparer sa licence. Il s’y montra, là aussi, si remarquable en toutes matières qu’il obtint de ses professeurs des notes atteignant 18 ou 19– et même une fois 20 sur 20 – avec des appréciations particulièrement élogieuses justifiant de telles notes.
Certains de ces travaux sont déposés aux Archives Diocésaines.Que ce fût en littérature, en latin, en grec ou en théologie, il excellait en tout.Ordonné prêtre, il fut d’abord nommé professeur de Première au Collège Saint-Stanislas, où il subjuguait ses élèves non seulement par l’étendue de ses connaissances, mais par leur profondeur et leur limpidité. Il eut l’ingéniosité de dessiner pour ses élèves une « Géographie littéraire de la France »,puis une « Chronologie littéraire de la France ». L’une comme l’autre sont d’une rare ingéniosité.

Il n’enseigna que quelques années seulement en classe de Première. Et quand on eut besoin d’un professeur pour enseigner en classe de Philosophie, c’est vers lui qu’on se tourna. Et l’expérience démontra que son enseignement de la Philosophie, où il se mouvait comme à plaisir, distinguant les caractéristiques des différentes écoles, était aussi limpide que celui de la littérature. Les succès de ses élèves au Baccalauréat étaient connus de l’Enseignement Public, aussi on se gardait bien de nommer au Lycée de Poitiers, des professeurs médiocres
Débordant largement le Collège Saint-Stanislas, sa réputation était telle qu’on le demandait pour faire des conférences ou pour prêcher dans divers endroits de la ville et que l’on venait le consulter dans sa modeste chambre du collège. Et c’était des personnes et même des personnalités appartenant aux professions les plus diverses : professeurs de toutes disciplines, magistrats, fonctionnaires, gens de la bourgeoisie, entrepreneurs, chefs d’entreprises, etc…

Ils venaient là chercher la lumière sur un cas difficile ou éclairer leur conscience avant de prendre une décision importante. Tous étaient étonnés de la clarté et de la solidité de ses entretiens. Estimant que la vérité doit en tout triompher et que l’erreur doit toujours être combattue, il souffrit beaucoup de voir les troupes nazies envahir la France et répandre leur erreur après la défaite de 1940.

Aussi jugea-t-il de son devoir de repousser cette « barbarie nazie » en s’engageant dans la Résistance. Faisant partie d’un réseau poitevin, le Réseau Renard, il en devint vite le maître à penser. Cela ne fut pas long à se savoir. Aussi fut-il recherché par les services hitlériens qui l’arrêtèrent le 30 septembre 1942. L’ayant déporté en Allemagne dans plusieurs camps successifs, il ne put résister physiquement aux traitements inhumains dont il fut l’objet, et décéda le 30 mai 1943, ayant donc enseigné pendant trente ans.

Tel fut le déroulement de la vie du Chanoine DURET