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EURL E-CHOPPES
Georges DURET - Le ton d'un maître -
La première heure de cours nous laissa une impression ineffaçable. A vrai dire nous n’étions qu’une quinzaine dans cette promotion de 1930-1931, ce qui lui donnait, de ce fait, un caractère plus familial. Alors que l’on attendait, comme dans les autres classes, un commentaire sur les matières que l’on aurait à apprendre, sur la répartition des heures de classe, etc…, ce sont de toutes autres considérations que l’on entendit, sur un ton très différent et un langage inaccoutumé dans une classe. C’était l’avertissement d’un adulte à d’autres adultes à propos de leur avenir. On aurait entendu une mouche voler, tant cela nous marqua profondément. Si profondément même, que je ne tardais pas à l’inscrire sur un papier pour en garder la trace. Et c’est ainsi que je peux, les ayant retenues par cœur, reproduire, toujours avec émotion, ces consignes à huit décennies d’intervalle.
« Vous n’êtes pas ici d’abord pour préparer un examen. Vous êtes ici,d’abord pour rechercher la vérité. Et toute vie humaine est faite pour rechercher la vérité, sous quelque forme que ce soit. En faisant bien ce que l’on a à faire, on recherche la vérité de ce que l ‘on a choisi de faire. Toute vie qui ne recherche pas la vérité est une vie manquée…Au contraire, comme dit le philosophe OLLE-LAPRUNE : « Il faut aller au vrai de toute son âme »

Oui, Cher « Père DURET », vous avez fait là une œuvre ineffaçable,dont nous vous sommes immensément reconnaissants du fait qu’ellenous a aidés tout au long de notre vie... Et je sais que c’est avec lemême souci de la vérité, que vous avez accueilli les différentes promotions qui vous furent confiées pendant une trentaine d’années … Soyez en largement gratifié.
La première recherche de la vérité était dans celle du langage. N’employez que des mots propres, pensés, réfléchis, et non pas des« formules toutes faites », comme il ne cessait de le dire. Combien de fois, au cours d’une heure de classe, n’entendions-nous pas ce mot, pour nous reprendre dans nos exposés : « formule ! », avec le « r » un peu roulé …
Et cela nous obligeait à redire sous une forme personnelle ce qui avait été énoncé de façon automatique. « C’est avec le mot vrai, que l’on parvient à la clarté du style. » Lui-même n’a-t-il pas écrit, que l’on ne parvient à la clarté qu’avec « le maximum de précision et de concision».

Quant à sa façon d’enseigner, c’était toujours d’aller du connu à l’inconnu et de suivre une méthode, et non pas de laisser l’esprit divaguer dans tous les sens. « Enseigner, a-t-il écrit, c’est renseigner avec méthode ». Moyennant quoi, il édifiait dans l’esprit de ses élèves, un tout cohérent, c’est à dire vrai.