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EURL E-CHOPPES
Georges DURET - L'ouverture à la culture générale -
Cet homme si cultivé avait le souci d’en faire profiter ses élèves.
Leur ayant dicté des notions d’Esthétique, il tenait à développer leur culture générale, à les initier à la beauté dans les diverses branches de l’art, et tout spécialement dans celle de la musique. N’oubliant pas non plus que ses élèves seraient quelques mois plus tard, mêlés à la vie active et non plus scolaire, il tenait également à les informer des évènements importants qui survenaient dans le monde. M. DURET fut véritablement un pilote de haute mer et un précurseur anticipant en divers points, les constitutions « Gaudium et spes » et « Apostolicam Actuositatem » du Concile Vatican II, et qu’il les informait des innovations qui intervenaient dans l’ Église, sous la conduite de ce pape novateur qu’était Pie XI : les accords du Latran, alors récents et qui réglaient la question des États Pontificaux, l’essor du clergé africain avec l’ordination de prêtres autochtones, l’inauguration de Radio Vatican un jour de Février 1931. Pour Monsieur DURET, c’était là une date historique. Car c’était là, la première fois que le Souverain Pontife pouvait joindre tout le troupeau qui lui était confié, l’ Église catholique et même l’humanité entière.

En matière d’art dramatique, il nous donnait connaissance d’une oeuvre alors relativement récente d’un écrivain, dont le nom commençait àêtre connu et apprécié : «L‘Annonce faite à Marie » de Paul CLAUDEL,que M. DURET considérait déjà comme étant un écrivain de génie. Et il nous avait lu une partie de cette pièce pour nous la faire goûter. De même, nous avait-il fait connaître cet étonnant auteur que peu de lecteurs connaissaient encore, dont le style était fortement contesté,tout en reconnaissant que sa pensée était profonde, Charles PEGUY. Et M. DURET n’avait pas manqué de nous lire « La présentation de la Beauce à N.D. de Chartres », des passages « d’Eve », ainsi que des passagesde « l’Argent ». S’il admirait l’un et l’autre de ces auteurs, sa préférence allait à PEGUY : « parce qu’il n’y a pas de péché dans son œuvre», disait-il.

Mais la plus grande audace de M. DURET était d’introduire de temps en temps, la musique dans sa classe, avec ce qui n’était alors qu’un simple phonographe. Les années 1930-1935 étaient celles où la musique entrait dans les foyers, grâce aux progrès des techniques d’enregistrement et au progrès des appareils diffusant le son. Grand mélomane,(je l’ai trouvé un dimanche après-midi étudiant en silence sur son bureau une partition de Palestrina), M. DURET s’était équipé sans tarder de disques (78 tours) et d’un petit « phonographe » portatif à fonctionnement mécanique. Il fallait tourner souvent une petite manivelle(pour tendre un ressort). Mais le son était satisfaisant. Les  électrophones ne tardèrent pas à venir ensuite.

Nous ayant initiés aux différentes formes de musique instrumentale,(sonates, quatuors, concertos, symphonies), il nous faisait apprécier telle ou telle œuvre qu’il avait choisie, ou tel ou tel instrument, ou tel ou tel virtuose. BACH et BEETHOVEN semblaient avoir sa prédilection. Achaque fois, c’était pour nous une découverte et un enchantement.En matière de peinture, M. DURET admirait autant CEZANNE que GIOTTO, FRA ANGELICO, ou POUSSIN, dont il appréciait la construction des tableaux…. Mais il n’est pas douteux que l’accent était donné à la musique.*