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EURL E-CHOPPES
Georges DURET - L’enseignement chrétien -
Monsieur DURET n’oubliait pas qu’il était prêtre et enseignant  chrétien.Sans doute, nous enseignait–il la philosophie, telle que tout esprit humain, croyant ou incroyant est capable de la découvrir. Mais si loin que l’esprit humain puisse aller, cela est tout de même limité. Il y a en effet un grand nombre de questions qui ne reçoivent pas de réponse.Ces connaissances sont de « l’ordre de la nature. »Mais nous avons aussi à notre disposition d’autres connaissances, qui ne sont pas découvertes par l’esprit humain, mais qui nous ont été données par la Révélation que le Christ Jésus a apportées à l’humanité, sans mérite de notre part. Celles qui nous ont été ainsi données, sont de« l’ordre surnaturel », sur lequel M. DURET nous avait dicté une cinquantaine de pages (foi, grâce, gloire). Or cet ordre surnaturel est d’une tout autre substance, bien supérieure à celle de l’ordre de la nature. Mais, loin de contredire l’ordre de la nature, l’ordre surnaturel transfigure ce dernier, étant la vérité totale, absolue, infinie. Dans une discussion, M. DURET ne manquait jamais de distinguer les deux ordres. C’est donc autre chose. Aussi dans une discussion, M. DURET ne manquait jamais de distinguer les deux ordres. « Ce n‘est pas du même ordre », disait-il, la vérité exigeant que l’on ne les confonde pas, même si l’une est faite pour compléter l’autre.
Pour un chrétien, la préférence ne peut aller que vers l’ordre surnaturel.Car, ainsi que Saint Thomas d’Aquin l’a écrit dans son hymne« Adoro te » : « Rien n’est plus vrai que cette parole de vérité » que nous a enseignée le Fils de Dieu. Et quand dans une discussion également, la question débattue ne correspondait pas à l’ordre surnaturel, M. DURET ne manquait pas de la juger de façon tranchante : « Ce n’est pas chrétien ». Et il nous habituait, en tant que croyants au Christ, à tout juger aussi de ce point de vue. Car avec l’ordre surnaturel, la vérité devenait la Vérité en personne, c’est à dire la seconde Personne de la Sainte Trinité, le Christ Jésus lui-même. « Je suis (le Chemin), la Vérité (et la Vie) » (Saint Jean 14,6) L’on voit l’enjeu d’un tel cheminement, et l’on comprend alors combien M. DURET avait raison de nous faire préparer pour l’examen du Baccalauréat, « le Discours de la Méthode » de DESCARTES sur la recherche et les critères de la vérité.
Quelle grâce d’avoir eu un maître aussi éminent que M. DURET, (comme celle d’avoir eu en classe de première M. BAUFINE. Avec celui-ci nous avions eu le bonheur, étant fin lettré, de goûter profondément le classicisme du XVIIème siècle). De sorte que l’un complétant l’autre, (ils s’entendaient et s’estimaient beaucoup mutuellement), on sortait du Collège Saint-Stanislas véritablement armés pour affronter la vie
Dans sa dernière heure de cours, M. DURET nous laissait trois maximes de morale personnelle qu’il nous appartiendrait ensuite d’appliquer. En réalité, c’était de véritables consignes, sans en avoir prononcé le mot.
— 1ère maxime : relativement à l‘intelligence : la probité intellectuelle.«Le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses,parce qu’on veut qu’elle soient, et non par ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » (BOSSUET)
— 2ème maxime : relativement à la volonté, le caractère.«L’essentiel est que dans chaque ordre, la mystique ne soit pas dévorée par la politique, à laquelle elle a donné naissance. » (PEGUY)- la mystique c’est agir en fonction d’une idée, désintéressement.- la politique c’est agir en fonction de l’intérêt.« Il faut avoir du caractère, c’est à dire se décider d’après des principes,et non d’après des intérêts, qui sont changeants. »
— 3ème maxime : relativement à la sensibilité : l’admiration.«L’admiration est une occupation sublime, rare (d’une valeur rare) et ravissante. » (Cardinal de BERULLE) « Pour former la sensibilité haute, pure, il faut savoir admirer et non pas se défier, se défendre d’admirer. Admirer c’est être jeune, et ne pas admirer c’est être un vieux (pas un vieillard, parce qu’un vieillard est vénérable). C’est être un vieux ».A quoi était ajoutée une dernière maxime :
— 4ème maxime : résumant toutes les autres : «Nos regards ne s’arrêtent pas sur les choses visibles, mais sur les invisibles, car les choses visibles ne sont que pour un temps et les invisibles sont éternelles. »(Saint Paul) (II Cor 4, 18)
Tel était le Chanoine Georges DURET, et l’enseignement qu’il donnait à ses élèves. Le chanoine DURET était un enseignant accompli. Mais il aimait aussi écrire, et faire bénéficier les autres de son savoir. Aussi entreprit-il une publication originale, avant de donner un nombre appréciable d’articles pour une revue pédagogique chrétienne. C’est ce qu’il reste à voir, pour connaître la totalité des activités de Georges DURET.