Err

EURL E-CHOPPES
Le Père Jean-Marie PETITCLERC à ISAAC DE L’ETOILE
Le 3 décembre 2010
Intervention devant les enseignants sur la cohérence éducative et la confiance.
I -  La cohérence éducative
L’autorité est fondée sur deux éléments: le pouvoir reçu de l’institution,et la reconnaissance de cette autorité par ceux sur lesquels elle est exercée.
Aujourd’hui, le pouvoir ne confère plus de façon systématique une position d’autorité. L’autorité repose davantage sur la crédibilité de celui qui en est le porteur. L’autorité est de moins en moins statutaire, et de plus en plus relationnelle. Elle dépend de la qualité de la relation que l’on a en classe. Elle dépend de la COHERENCE de l’adulte : cohérence personnelle, cohérence de l’équipe éducative, cohérence avec la famille.

Cohérence personnelle :
Il est nécessaire qu’il y ait une cohérence entre le « dire », et le «faire ». Cela ne signifie pas forcément exemplarité : on ne saborde pas son autorité en reconnaissant ses erreurs. C’est d’ailleurs rassurant pour l’adolescent de voir que les adultes sont faillibles. Jésus a toujours été très accueillant pour ceux qui transgressaient la loi ; par contre, il se mettait en colère contre les hypocrites, ceux qui présentaient une incohérence entre leur « dire », et leur « faire ».
L’enseignant est forcément un éducateur : il doit y avoir cohérence entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.

Cohérence de l’équipe éducative
:
Un enseignant ne doit jamais « dégommer » l’argumentaire d’un collègue. Il est nécessaire que l’équipe se connaisse suffisamment pour que l’un d’entre eux ne « torpille » pas le discours d’un autre.
La qualité du travail d’équipe est essentielle : les enseignants doivent se respecter les uns les autres dans leurs manières différentes de procéder.
En particulier, il faut éviter « l’injonction paradoxale », qui consiste à demander à un élève, pour faire plaisir à quelqu’un qu’il aime, de dire du mal de quelqu’un d’autre qu’il aime également.

Cohérence avec la famille :
Il est important que parents et enseignants s’enrichissent mutuellement du regard de l’autre sur le jeune. Il n’y a pas d’identité de rôle entre parents et enseignants, mais il doit y avoir connivence, chacun souhaitant le meilleur pour le jeune. Ils doivent ensemble partager la volonté de servir au mieux l’intérêt de l’enfant.
II - La confiance

L’autorité repose sur la confiance : la confiance en soi, qui s’acquiert en sentant le regard de confiance de l’autre à votre égard ; et la confiance en l’autre, qui nécessite au préalable une confiance en soi.

La confiance en soi :
Le jeune a besoin de rencontrer des adultes qui croient en lui : il ne faut donc pas « étiqueter » un jeune à partir de ses performances d’aujourd’hui. Il faut accepter le jeune tel qu’il est, et lui apprendre à mémoriser ses réussites. Un homme n’est capable d’affronter une difficulté qu’en mémorisant une situation où il a réussi. Notre capacité à faire face à une situation difficile dépend de notre mémorisation.
Le regard de l’enseignant doit d’abord se porter sur ce que le jeune sait faire. Ce regard ne doit pas se focaliser sur les difficultés du jeune.

La confiance en l’autre :
Comment responsabiliser le jeune ? Il est possible de responsabiliser le bon élève en lui demandant d’expliquer à ceux qui ne comprennent pas. Toute la classe peut devenir active dans la dynamique de la transmission. L’enseignant doit faire confiance à l’élève. L’éducation ne peut pas être fondée sur le risque zéro, sinon les jeunes vont courir eux-mêmes des risques extrêmes (alcoolismes…). Il faut donner aux jeunes des responsabilités à hauteur de leurs capacités, les aider à se fixer des objectifs, à donner du sens à leur vie.
Les adultes doivent se poser la question du regard qu’ils portent sur l’avenir: avons-nous confiance dans l’avenir ?
Marie-Ange MOYNE,
enseignante en économie gestion